Interview d’Audrey Calleja, illustratrice

L’image est là pour accompagner la lecture et la poursuivre au-delà des mots.

Audrey Calleja

Illustratrice jeunesse renommée et professeur à Bellecour école, Audrey Calleja ne cesse de nous surprendre avec son dessin contemporain, son univers graphique et poétique.

Diplômée de l’école de l’Image d’Epinal en communication visuelle, puis de l’école des Beaux-arts de Saint-Etienne, elle se passionne pour le livre en tant que support et œuvre narrative. Audrey publie son tout premier ouvrage, textes et images, en 2006 : il s’agit de son premier projet de diplôme intitulé 27 premières.

L’année passée, 5 albums pour enfants ont déjà été édités dont Plus tard aux éditions Diplodocus. Audrey participe également à l’illustration de la revue Dada, revue d’art destinée aux plus jeunes.

 Ce que j’aime dans mon travail d’illustratrice, c’est de surprendre le lecteur, le tenir en haleine au fil des pages, le plonger dans des univers imaginaires.

Audrey Calleja

Audrey a accepté de répondre à nos questions....

Audrey, d’où te vient cette passion du livre ?

J’ai toujours aimé les livres, mais j’ai eu un véritable « déclic » en redécouvrant des albums jeunesse durant le cours d’arts plastiques de mon BTS en Communication Visuelle à Chaumont. Cependant, c’est au cours de mes recherches à l’école de l’image et aux Beaux-arts que j’ai eu envie de travailler de manière plus approfondie, mais aussi plus technique, sur la narration, la séquence. J’aime cette relation intime avec cet objet qui porte en lui toutes les dimensions du voyage, de la découverte, de l’échange… Le livre est également lié à l’instant en ce sens où il n’est pas perçu de la même manière en fonction du moment, du contexte, de son état d’esprit. Au-delà de sa fonction poétique, le livre est aussi lié aux sensations et au corps par son odeur, sa texture et le simple geste de tourner la page. C’est un peu comme une malle que l’on découvre dans un grenier et que l’on déballe avec étonnement. Ce que j’aime dans mon travail d’illustratrice, c’est de surprendre le lecteur, le tenir en haleine au fil des pages, le plonger dans des univers imaginaires.

Comment es-tu passé de cet amour du livre à l’illustration jeunesse ?

La littérature jeunesse est très riche graphiquement et les enfants sont des lecteurs privilégiés – des êtres en construction très attentifs et tellement curieux : on peut parler de tout, très simplement et sans tabou. Tout peut être abordé à condition de trouver le ton, les images et les mots justes. Au départ, j’écrivais mes propres textes, puis au fur et à mesure je me suis davantage concentrée sur l’image. Travailler avec un auteur est vraiment intéressant, car il y a un véritable partage, un échange, autour d’une histoire, d’un imaginaire.

Comment qualifierais-tu ton style ? Comment travailles-tu ?

Mon dessin est influencé par le graphisme. Je travaille dans un véritable esprit de synthèse : je souhaite raconter un maximum de choses, avec une économie de moyen, tenter de trouver un cheminement vers l’essentiel pour ainsi dire. Cependant, contrairement à ce que l’on pourrait croire, parvenir à une image synthétique demande un travail conséquent : chercher, peaufiner, simplifier… Cela s’effectue en plusieurs phases :

Dans un premier temps, je lis soigneusement les textes sur lesquels je travaille.
Ensuite, je fais une pause afin de m’en imprégner.
Puis commence les phases de recherches : ambiances, décors, personnages…
Suit le travail plus technique d’esquisse, d’expérimentation, de composition, de narration… J’aime jouer avec le support, cadre/hors-cadre, la notion de rythme, afin de toujours éveiller la curiosité du jeune lecteur.
Enfin, je finalise mes illustrations de manière traditionnelle, c’est à dire sur papier avec une mixité de techniques graphiques.

Pour retrouver le travail d’Audrey Calleja, rendez-vous sur son site web : https://www.audreycalleja.com/
et sur son Instagram : https://www.instagram.com/audrey_calleja/