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Bachelor Design Graphique & Digital

Design & Digital

Vie de l'école

Interview d’Audrey Calleja, illustratrice

21 janvier 2020 - 0

Calleja Audrey Bellecour école

 

« Ce que j’aime dans mon travail d’illustratrice, c’est de surprendre le lecteur,
le tenir en haleine au fil des pages, le plonger dans des univers imaginaires. »

 

Illustratrice jeunesse renommée et professeur à Bellecour école, Audrey Calleja ne cesse de nous surprendre avec son dessin contemporain, son univers graphique et poétique.

Diplômée de l’école de l’Image d’Epinal en communication visuelle, puis de l’école des Beaux-arts de Saint-Etienne, elle se passionne pour le livre en tant que support et œuvre narrative. Audrey publie son tout premier ouvrage, textes et images, en 2006 : il s’agit de son premier projet de diplôme intitulé 27 premières.

L’année passée, 5 albums pour enfants ont déjà été édités dont Plus tard aux éditions Diplodocus. Audrey participe également à l’illustration de la revue Dada, revue d’art destinée aux plus jeunes.

 

| Audrey, d’où te vient cette passion du livre ?

J’ai toujours aimé les livres, mais j’ai eu un véritable « déclic » en redécouvrant des albums jeunesse durant le cours d’arts plastiques de mon BTS en Communication Visuelle à Chaumont. Cependant, c’est au cours de mes recherches à l’école de l’image et aux Beaux-arts que j’ai eu envie de travailler de manière plus approfondie, mais aussi plus technique, sur la narration, la séquence. J’aime cette relation intime avec cet objet qui porte en lui toutes les dimensions du voyage, de la découverte, de l’échange… Le livre est également lié à l’instant en ce sens où il n’est pas perçu de la même manière en fonction du moment, du contexte, de son état d’esprit. Au-delà de sa fonction poétique, le livre est aussi lié aux sensations et au corps par son odeur, sa texture et le simple geste de tourner la page. C’est un peu comme une malle que l’on découvre dans un grenier et que l’on déballe avec étonnement. Ce que j’aime dans mon travail d’illustratrice, c’est de surprendre le lecteur, le tenir en haleine au fil des pages, le plonger dans des univers imaginaires.

 

| Comment es-tu passé de cet amour du livre à l’illustration jeunesse ?

La littérature jeunesse est très riche graphiquement et les enfants sont des lecteurs privilégiés – des êtres en construction très attentifs et tellement curieux : on peut parler de tout, très simplement et sans tabou. Tout peut être abordé à condition de trouver le ton, les images et les mots justes. Au départ, j’écrivais mes propres textes, puis au fur et à mesure je me suis davantage concentrée sur l’image. Travailler avec un auteur est vraiment intéressant, car il y a un véritable partage, un échange, autour d’une histoire, d’un imaginaire.

 

Calleja Audrey Plus tard Bellecour école

 

| Comment qualifierais-tu ton style ? Comment travailles-tu ?

Mon dessin est influencé par le graphisme. Je travaille dans un véritable esprit de synthèse : je souhaite raconter un maximum de choses, avec une économie de moyen, tenter de trouver un cheminement vers l’essentiel pour ainsi dire. Cependant, contrairement à ce que l’on pourrait croire, parvenir à une image synthétique demande un travail conséquent : chercher, peaufiner, simplifier… Cela s’effectue en plusieurs phases :

Dans un premier temps, je lis soigneusement les textes sur lesquels je travaille.
Ensuite, je fais une pause afin de m’en imprégner.
Puis commence les phases de recherches : ambiances, décors, personnages…
Suit le travail plus technique d’esquisse, d’expérimentation, de composition, de narration… J’aime jouer avec le support, cadre/hors-cadre, la notion de rythme, afin de toujours éveiller la curiosité du jeune lecteur.
Enfin, je finalise mes illustrations de manière traditionnelle, c’est à dire sur papier avec une mixité de techniques graphiques.

 

« L’image est là pour accompagner la lecture et la poursuivre au-delà des mots. »

 

| Comment conçois-tu le rapport texte-image ?

Selon moi, l’illustration complète le texte sans le répéter. L’image est là pour accompagner la lecture et la poursuivre au-delà des mots, en rajoutant des éléments visuels par exemple (personnages secondaires, animaux, détails…) pour le suspens, la découverte ou encore l’humour ! Pour les enfants, c’est important, car ils sont très observateurs.

 

Calleja Audrey Dada Bellecour école

 

| Peux-tu nous parler de ton dernier album sorti aux éditions Diplodocus en août 2019 et de ta collaboration avec la revue Dada parue le mois dernier (Dada n°241 novembre 2019) ?

Plus tard est un livre jeunesse écrit par Séverine Vidal sur les métiers rêvés et leur appropriation à hauteur d’enfant. On s’est tous interrogé sur ce que l’on fera plus tard, lorsque l’on deviendra « grands ». Pour illustrer cet album, l’autrice m’avait communiqué ses notes d’intentions ce qui a donné lieu à un véritable échange d’idées et de propositions autour de l’univers de l’enfance, de ses jeux et de ses pensées magiques.

Ma participation à la revue Dada est une commande. Comme la nature est omniprésente dans mon travail, réaliser des illustrations sur le Land Art[1] prenait tout son sens. Pour la parution de novembre, j’ai donc réalisé 3 double pages sur ce courant artistique qui lie créativité et nature. J’ai également dessiné une BD sur Léonard Martin[2], un jeune artiste parisien, d’après les textes de Laetitia Le Moine.

 

Calleja Audrey dada Land art Bellecour école

 

| Merci Audrey !

Pour retrouver le travail d’Audrey Calleja, rendez-vous sur son site web : https://www.audreycalleja.com/
et sur son Instagram : https://www.instagram.com/audrey_calleja/

 

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[1] Land art : courant de l’art contemporain employant la nature sous toutes ses formes.

[2] Léonard Martin : jeune artiste contemporain qui mélange histoire des arts et culture populaire dans ses sculptures et ses performances artistiques.

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