Art & Design

BTS Design d’Espace

MANAA

Jeanne Vieillecroze : « Le Design d’Espace est partout ! »

3 mai 2017 - 0

Après une Mise à Niveau Arts Appliqués puis un BTS design d’Espace à Bellecour Ecole, Jeanne Vieillecroze est aujourd’hui designer d’espace à Saint-Tropez. Comment travaille-t-on dans ce lieu si emblématique ? Jeanne nous livre tous ses secrets, sans strass ni paillettes, entre bonne humeur et professionnalisme !

Jeanne, tu es architecte d’intérieur à Saint-Tropez.  Depuis Lyon, on imagine: « bling-bling », paillettes et luxe. Est-ce la réalité ?

Il est certain que le cliché primaire et basique de Saint-Tropez « Bling-Bling » est le plus facile et on entend trop souvent parler de Saint-Tropez comme d’un lieu d’excès.

Quand on y vit, l’image est autre : il y a un vrai village avec une vrai vie et de vrais gens. J’y rencontre et travaille avec de vrais entrepreneurs ou artisans, sérieux et aimant leur métier.

La chance de cette Presqu’île magique est que l’on y rencontre à la fois une clientèle de qualité qui voyage et a une ouverture d’esprit et des références mondiales (Londres, Bruxelles, Dubaï…) et à la fois une pléiade d’artisans qui depuis des années ont travaillé pour cette clientèle et sont donc familiers avec des finitions de grande qualité.

Bien sûr, il y a toujours la demande du mouton à 5 pattes, mais n’est-ce pas cela qui nous motive et nous amuse ?

Vieillecroze Saint-Tropez

Sans dévoiler des secrets professionnels, peux-tu nous dévoiler quelques-uns de tes projets en cours ?

L’un des projets qui m’occupe le plus en ce moment est la réhabilitation d’une maison dans le centre de Saint Tropez. Après de très longues études de plans et de très nombreuses versions, le client a validé. Nous avons commencé le chantier le premier jour du mois de Février. Nous avons d’abord démoli et vidé une grande partie de la maison, revêtements compris. Les réseaux (plomberie et électricité) ont été refait à neuf accompagné d’une révision des toitures et des façades.

A l’inverse de ce que l’on pourrait penser, une rénovation est plus complexe que de partir d’une page blanche. Sans parler des contraintes de plans avec un nouveau cahier des charges, il y a souvent des surprises qui se répercutent sur le budget ou sur le planning des travaux.

Depuis que je travaille sur ce projet, chaque semaine, les imprévus nous mobilisent. J’ai donc décidé de planifier sur mon emploi du temps la gestion des imprévus, cela fonctionne plutôt bien. Prévoir l’imprévisible ! Je suis une adepte de la « loi de Murphy » et je gagne beaucoup de temps en essayant d’anticiper sur les aléas qui pourraient arrivés. En un mot : toujours avoir un plan B.

saint-tropez-architecture interieur architecture interieur saint tropez

Au cours de tes expériences professionnelles, tu as pu découvrir des grandes marques italiennes. Quelles sont les différences avec ce que tu connais aujourd’hui ?

Dans le métier de designer d’espace, il me semble important de connaitre et de travailler avec des marques réputées et d’expérience comme B&B Italia, Maxalto, Gervasoni, Ligne Roset etc… Celles-ci réunissent le luxe, la qualité des matériaux utilisés, leur durée de vie et le rendu global.

Cependant, plusieurs difficultés se présentent avec les grandes marques :

                – Plus de stock disponible immédiatement, entre 3 à 16 semaines de production.

                – Un choix de produits et de finitions limités.

                – Des prix incompatibles avec certains projets.

Aujourd’hui, j’ai pris l’habitude de proposer et de faire du sur-mesure pour mes clients. J’essaie, le plus souvent possible, de faire travailler des artisans locaux. Ils savent me proposer les bons matériaux et m’accompagner dans la confection de certaines pièces. Nous avançons ensemble et réalisons des produits quasi uniques répondant au mieux aux besoins de nos clients aussi bien en qualité qu’en prix.

Tu aimes dire que le design d’espace est partout. C’est devenu un 6ème sens pour toi. Comment l’expliques-tu ?

Quand je dis que le design d’espace est partout, c’est parce que les sources d’inspirations sont tout autour de nous, sans cesse… Le Design d’Espace est lien proche avec le design d’objet, les couleurs, les formes, les matières, l’évolution du corps dans l’espace…il devient sans limite. Je ne peux plus entrer dans un endroit sans analyser l’espace, comprendre comment il a été conçu et penser à comment l’agencer. Pour moi, ce n’est même plus un travail au final, c’est un automatisme et un plaisir.

Revenons à ta période Bellecour École. Que retiens-tu de ces années, depuis la MANAA, jusqu’à l’obtention de ton diplôme ?

Ces trois années d’études supérieures m’ont permis de comprendre une multitude de choses. Durant ces périodes de cours intenses, il fallait être pleine d’imagination, j’avais l’impression d’être une éponge ! Toutes les semaines, des nouveaux sujets, des nouveaux challenges nous étaient présentés pour développer notre créativité. Je n’ai jamais été à l’aise pour parler en public. Le plus compliqué pour moi était d’avoir une argumentation solide pour se faire comprendre par tous, élèves et professeurs. C’était une épreuve à relever à chaque oral, et je me rends compte aujourd’hui de l’importance de la première présentation au client et du premier contact.

Je me souviendrai toujours de l’équipe d’enseignants, pas tous les jours commodes, mais je les remercie parce qu’ils m’ont bien préparée au diplôme et, par la suite, à la vie professionnelle. Ce n’est jamais agréable d’entendre des critiques en face, elles étaient toujours fondées et m’ont permis d’avancer.

La qualité essentielle d’un designer d’espace me semble être de douter en permanence.

 

Design d’Espace
Aperçu d’un projet de Jeanne, pendant sa période « Bellecour Ecole »

 

Est-ce qu’il y a un moment qui t’a particulièrement marqué, qui a pu te faire basculer vers le monde professionnel ?

J’ai eu le déclic après l’obtention de mon BTS Design d’Espace. J’avais décidé de poursuivre avec une alternance entre Aix-en-Provence et Saint-Tropez. Mais dès que j’ai mis un pied dans le monde du travail, c’était fini. J’ai arrêté en cours d’année car j’avais l’impression de perdre mon temps et je devais suivre une double vie compliquée, l’école et le travail.

Je n’ai jamais regretté ma décision et me suis rendu compte que l’apprentissage est tout aussi rapide sur les chantiers.

Enfin, et c’est la tradition, as-tu un mot à dire à un (futur) étudiant qui voudrait suivre ton parcours ?

Persévérance et bonne humeur.

La persévérance car il ne faut jamais rien lâcher même quand on a envie d’arrêter. Penser qu’il y a toujours plus dur à vivre que ce que vous êtes en train d’endurer.

La bonne humeur parce que c’est tellement plus agréable de le faire avec le sourire. Si je devais donner un conseil à un futur étudiant je lui dirais : aime les lieux, aime les choses, aime les gens, aime la vie !

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