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BTS Design d’Espace

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Jeanne Vieillecroze : « Le Design d’Espace est partout ! »

3 mai 2017 - 0

Après une Mise à Niveau Arts Appliqués puis un BTS design d’espace à Bellecour Ecole, Jeanne Vieillecroze est aujourd’hui designer d’espace à Saint-Tropez. Comment travaille-t-on dans ce lieu si emblématique ? Jeanne nous livre tous ses secrets, sans strass ni paillettes, entre bonne humeur et professionnalisme !

Jeanne, tu es architecte d’intérieur à Saint-Tropez.  Depuis Lyon, on imagine: « bling-bling », paillettes et luxe. Est-ce la réalité ?

Le cliché avec Brigitte Bardot, les yachts et les milliardaires comme on peut le voir dans certains reportages télévisés ? Non au contraire, Saint-Tropez est un endroit merveilleux pour y habiter et travailler. Grâce à la qualité de vie, nous avons accès à des projets incroyables avec des clients exceptionnels. Ils sont parfois sans limite et ont un goût pour le luxe sans pareil. A l’inverse de ce que l’on pourrait penser, ce ne sont pas forcément les plus fortunés les plus exigeants. Même s’ils ont des budgets plus importants, ils font attention à la manière dont ils dépensent leur argent.  En résumé, à Saint-Tropez, il n’y a pas uniquement les paillettes et le « bling-bling », la simplicité et la qualité des prestations y sont très appréciables.

Vieillecroze Saint-Tropez

Sans dévoiler des secrets professionnels, peux-tu nous dévoiler quelques-uns de tes projets en cours ?

L’un des projets dont je m’occupe prioritairement est la réhabilitation d’une villa dans le centre de Saint-Tropez. Après de très longues études de plans et de très nombreuses versions, le client a validé. Nous avons commencé le chantier le premier jour du mois de février. Nous avons d’abord démoli et vidé une grande partie de la maison. Les revêtements ont, eux aussi, été détruits puis remplacés intégralement. Les réseaux (plomberie et électricité) ont été refaits à neuf, tout comme une révision complète des toitures et des façades.

A l’inverse de ce que l’on pourrait penser, une rénovation est plus complexe que de partir d’une page blanche. Sans parler des contraintes de plans avec un nouveau cahier des charges, il y a souvent des surprises qui se répercutent sur les plans, le budget et le temps.

Depuis que je travaille sur ce projet, chaque semaine, les imprévus font perdre de l’énergie, du temps et influent sur notre comportement. J’ai donc décidé de planifier sur mon emploi du temps la gestion des imprévus. Je dois avouer que cela fonctionne plutôt bien. Prévoir l’imprévisible ! Si j’avais vécu cela avant, je l’aurai mis en application pour les projets à Bellecour École et cela m’aurait bien aidée.

Au cours de tes expériences professionnelles, tu as pu découvrir des grandes marques italiennes. Quelles sont les différences avec ce que tu connais aujourd’hui ?

Dans le métier de designer d’espace, je pense qu’il est important de connaitre et de travailler avec des marques mondialement connues comme B&B Italia, Maxalto, Gervasoni, Ligne Roset… Celles-ci réunissent le luxe, la qualité des matériaux utilisés, leur durée de vie et le rendu global.

Cependant, plusieurs difficultés se présentent avec les grandes marques:

            – Plus de stock disponible immédiatement, entre 3 à 16 semaines de production.

            – Un choix de produits et de finitions limités.

            – Des prix inenvisageables pour certains projets.

Aujourd’hui, j’ai pris l’habitude de proposer et de faire du sur-mesure pour mes clients. J’essaie, le plus souvent possible, de faire travailler des artisans locaux. Ils savent me proposer les bons matériaux et m’accompagnent dans la confection de certaines pièces. Nous avançons ensemble et réalisons des produits quasi uniques répondant au mieux aux besoins de nos clients.

Tu aimes dire que le design d’espace est partout. C’est devenu un 6ème sens pour toi. Comment l’expliques-tu ?

Quand je dis que le design d’espace est partout, c’est parce que les sources d’inspirations sont tout autour de nous. Le Design d’Espace est en lien proche avec le design d’objet, les couleurs, les formes, les matières, l’évolution du corps dans l’espace… Il devient sans limite. Je ne peux plus entrer dans un lieu sans analyser l’espace, comprendre comment il a été conçu et penser à comment je l’aurai agencé. Pour moi, ce n’est même plus un travail au final, c’est un automatisme.

Revenons à ta période Bellecour École. Que retiens-tu de ces années, depuis la MANAA, jusqu’à l’obtention de ton diplôme ?

Ces trois années d’études supérieures m’ont permis de comprendre plein de choses. Durant cette période de cours intenses, il fallait être rempli d’imagination. J’avais l’impression d’être une éponge ! Toutes les semaines, des nouveaux sujets et des nouveaux challenges nous étaient présentés pour stimuler notre cerveau. Je n’ai jamais été à l’aise pour parler en public. Le plus compliqué pour moi était d’avoir une argumentation solide pour être comprise de tous, élèves et  professeurs. C’était un challenge à relever à chaque oral.

Je me souviendrai toujours de l’équipe d’enseignants, pas tous les jours commodes, mais je les remercie parce qu’ils m’ont bien préparée au diplôme et, par la suite, à la vie professionnelle. Ce n’est jamais agréable d’entendre des critiques en face, mais elles étaient toujours vraies. Elles m’ont permis d’avancer, de me remettre en question.

Design d’Espace
Aperçu d’un projet de Jeanne, pendant sa période « Bellecour Ecole »

 

Est-ce qu’il y a un moment qui t’a particulièrement marqué, qui a pu te faire basculer vers le monde professionnel ?

J’ai eu le déclic après l’obtention de mon BTS Design d’Espace. J’avais décidé de poursuivre avec une alternance entre Aix-en-Provence et Saint-Tropez. Mais dès que j’ai mis un pied dans le monde du travail, c’était fini. J’ai arrêté en cours d’année car j’avais l’impression de perdre mon temps en cours et je devais suivre une double-vie, l’école et le travail.  Je n’ai jamais regretté le fait d’avoir arrêté en cours de route et je me suis rendu compte que j’ai appris trois fois plus vite sur les chantiers. Aujourd’hui, tout le monde préfère l’expérience et le vécu aux longues études.

Enfin, et c’est la tradition, as-tu un mot à dire à un (futur) étudiant qui voudrait suivre ton parcours ?

Persévérance et bonne humeur. Il ne faut jamais rien lâcher même quand on se dit que c’est trop dur et qu’on a envie d’arrêter. Pensez qu’il y a toujours plus dur à vivre que ce que vous êtes en train d’endurer. La bonne humeur parce que c’est tellement plus cool de le faire avec le sourire.

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